PROJET DE RECHERCHE
Performance réelle des rénovations BBC
©Enertech
Les projets Perf In Mind I et II, réalisés entre 2018-2025, ont eu pour objectifs d'évaluer des dispositifs d’accompagnement à la rénovation performante de maisons individuelles, ainsi que les performances réelles des projets au travers d'une approche pluridisciplinaire (énergétique, carbone, sociale, confort d'été, économique, ...).
Le contexte du projet Perf in Mind
Les maisons individuelles représentent 70 % des consommations d’énergie du secteur résidentiel et leurs rénovations sont un levier majeur pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de performance globale du parc bâti. Cependant, le nombre de rénovations performantes dans ce secteur demeure bien inférieur à celui des logements collectifs et loin des objectifs à atteindre pour avoir un parc BBC en moyenne à horizon 2050.
La rénovation performante d’une maison individuelle est souvent perçu par les ménages comme un parcours long et complexe face à la multiplicité des acteurs, des aides à mobiliser et des décisions à prendre.
Dans un premier temps, le projet Perf in Mind I s'est concentré à documenter la performance de maisons individuelles rénovées à un niveau Basse Consommation (BBC).
Les ménages, concernés par ces rénovations, ont pu bénéficier d'un accompagnement technique, humain et financier dont le cahier des charges était défini par différentes types de structures (collectivités, entreprises privées, ...).
Après avoir étudié ces cahiers des charges, une centaine de maisons, rénovées dans le cadre de ces dispositifs, a été instrumentée suivant deux niveaux : un suivi à faible coût et reproductible (60 logements) et une instrumentation plus précise sur 46 logements. Une étude en sciences sociales a également été menée auprès des certains ménages.
Dans la continuité, le projet Perf in Mind II, réalisé entre juillet 2022 et juin 2025, a eu pour objectifs :
- d’approfondir les résultats de Perf in Mind I sur de nouvelles thématiques : évaluation du confort d’été (mesuré, vécu et perçu par les habitants), analyse en cycle de vie, en coût global, et étude des risques associés à l’usage d’isolants biosourcés lors d’une isolation par l’intérieur ;
- d’élargir l’analyse au-delà des rénovations BBC en une fois, en allant instrumenter également des rénovations effectuées dans le cadre de financements CEE de type Coup de pouce « Renovation globale » ou de BBC par étapes.
© Perf in Mind - 200406
La rénovation BBC Effinergie : une solution à massifier pour répondre aux enjeux écologiques et sociaux
Les enseignements de Perf in Mind I
Les résultats de Perf in Mind I sont factuels : Plus de 85 % des rénovations BBC ou équivalent ont une performance réelle en adéquation avec les objectifs théoriques. 96 % des ménages se déclarent plutôt ou entièrement satisfaits suite à la rénovation et près de 80 % se disent très satisfaits de leurs factures après travaux. Le confort d’hiver est perçu comme excellent (99 % de satisfaction) et 88 % des ménages saluent une amélioration du confort d’été. Enfin, la qualité d’air intérieur est évaluée comme bonne voire très bonne. Elle est fortement liée au taux de renouvellement d’air associé au système de ventilation mis en place et à sa maintenance.
Le succès des rénovations performantes dépend notamment de la qualité des dispositifs d’accompagnement des ménages, notamment en phase chantier et lors de la réception des équipements. Elles nécessitent également de nouvelles compétences techniques et la présence d'un tiers de confiance entre les ménages et la chaîne d’acteurs intervenant sur le projet de rénovation.
Enfin, elles ne pourront être massifiées sans un renforcement, un fléchage et une simplification des financements vers ce type de rénovation.
Des exemples concrets à consulter dans l'Observatoire BBC
60 rénovations performantes étudiées dans l'Observatoire BBC
L'Observatoire BBC, hébergé par l'association Effinergie, a étudié 60 rénovations performantes au travers de fiches retours d'expériences. Elles précisent pour chaque rénovation les solutions techniques mises en oeuvre (enveloppe et équipement), la performance énergétique, les émissions carbone en exploitation et en analyse de cycle de vie, les coûts des travaux (investissement en en coût global), ains que les acteurs impliqués dans le projet.
Les 8 enseignements majeurs du projet Perf in Mind II
- Les rénovations BBC réalisées en une fois : une efficacité confirmée
Les trois types de rénovation étudiées (BBC Rénovation, BBC par étapes et Coup de Pouce) conduisent toutes à des résultats significatifs en termes de baisse de consommation d’énergie. Cependant, les meilleurs résultats sont atteints pour les maisons ayant visé le niveau BBC rénovation. Perf in Mind II confirme sur ce point les résultats de Perf in Mind I sur la performance énergétique des maisons ayant fait l’objet d’une rénovation BBC réalisée en une seule fois.
- Les rénovations par étapes et Coups de Pouce « rénovation globale » : des risques de non atteinte de la performance énergétique
Ce constat s'explique notamment par la présence de bouquets de travaux souvent incomplets, sans travaux sur des postes clés (plancher bas, ventilation, ...) et des défauts de mise en oeuvre plus fréquents dans l’échantillon étudié (traitement des ponts thermiques, étanchéité à l'air, ...).
- La rénovation énergétique ne génère pas d’effet rebond en hiver
Le confort d’hiver est jugé satisfaisant par les ménages et aucun effet rebond n’a été observé sur la consigne de chauffage : la température moyenne mesurée en période de chauffe est de 19,9°C, similaire à celle mesurée dans Perf in Mind I.
- La rénovation énergétique améliore le confort estival
Une attention particulière a été portée à la question du confort estival, avec l’objectif de mieux comprendre les pratiques, ressentis et perceptions des ménages. Les ménages se déclarent globalement satisfaits du confort d’été après rénovation quelle que soit la modalité de rénovation de la maison (BBC en une étape, BBC 1er étape, Coup de pouce). Toutefois, les situations d’inconfort persistent lors de vagues de chaleur prolongées, en particulier la nuit et dans les chambres, lorsque les températures dépassent les 25 à 26 °C. Le confort thermique ne peut être réduit à des paramètres physiques : il s’inscrit dans un ensemble plus large de ressentis, influencés par les usages, les habitudes et les attentes des occupants. Des écarts de perception peuvent exister au sein d’une même zone climatique, voire d’un même logement. Par ailleurs, la capacité des habitants à agir sur leur environnement (gestion des protections solaires, ventilation nocturne, adaptation des usages) joue un rôle central dans l’amélioration du confort perçu.
- L’accompagnement des ménages : une nécessité confirmée
Perf in Mind II confirme les résultats de Perf in Mind I, à savoir que la qualité de la mise en oeuvre et la présence d'un accompagnement de qualité sont les clés de voûte de la réussite d'une rénovation. L’accompagnement par un Assistant à Maîtrise d'Ouvrage (AMO) joue un rôle central : les rénovations accompagnées obtiennent de meilleurs résultats, tant en performance qu'en satisfaction des ménages. L'accompagnement technique et financier est également essentiel pour contrôler les coûts et éviter les devis hors normes.
En réponse à ces constats, des ressources pédagogiques (guides, check-lists) ont été publiées pour aider la filière et sont disposnibles sur le site d'Effinergie.
- L’impact carbone positif des rénovations
74 % des rénovations étudiées affichent un Temps de Retour Carbone (TRC) inférieur à 5 ans. Ce résultat est particulièrement marqué lorsque les travaux permettent une réduction significative des besoins énergétiques, combinée à l’usage d’énergies décarbonées pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire
L’analyse révèle cependant une forte variabilité de l’impact carbone des produits de construction et équipements (PCE), représentant entre 8 % et 71 % de l’empreinte carbone totale selon le vecteur énergétique (décarboné ou non) présent avant travaux.
- Une forte dispersion des coûts de rénovation qui pèse sur le coût global du projet pour les ménages
L’analyse en coût global (ACG) met en évidence une forte disparité dans la part que représentent les coûts de travaux par rapport au coût total sur 30 ans, allant de 5 % à 81 %. Trois paramètres principaux influencent cette variabilité :
- l’état initial des consommations énergétiques du logement ;
- le coût des travaux, fortement dépendant des techniques employées et des devis obtenus ;
- le niveau de gain énergétique constaté à l’usage.
- Isolants biosourcés : des risques pathologiques limités en isolation par l’intérieur
Le recours aux isolants biosourcés constitue l’une des voies les plus pertinentes pour améliorer le bilan carbone des rénovations sur l’ensemble de leur cycle de vie. Leur mise en oeuvre en isolation par l’intérieur (ITI), cependant, soulève régulièrement des interrogations quant à leur sensibilité à l’humidité.
Le projet Perf in Mind II a analysé la question à travers plusieurs axes complémentaires qui valident la pertinence des isolants biosourcés et lève certains doutes quant à leur sensibilité à l’humidité.
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